Installer Exegol : Guide complet pour débuter le pentest (2026)

Exegol permet d’utiliser un environnement de pentest complet dans des conteneurs Docker, sans devoir maintenir une grosse VM Kali Linux. Pour un débutant, c’est souvent plus propre, plus rapide et plus facile à remettre à zéro, à condition d’installer correctement Docker et pipx.

Si vous débutez en pentest, vous avez forcément croisé notre cher Kali Linux. Mais en formant des centaines d’étudiants, j’ai vu le même mur revenir sans cesse : une VM Kali qui rame, qu’on casse à force de bidouiller, et qu’on réinstalle tous les trois mois. Exegol résout exactement ce problème. Voici comment l’installer proprement, expliqué pour quelqu’un qui n’a jamais touché à Docker.

Exegol, c’est quoi exactement ?

Exegol est un environnement de hacking prêt à l’emploi. Il est construit autour de Docker. Au lieu d’installer une machine virtuelle complète qui simule un ordinateur entier, on télécharge une image contenant déjà tous les outils de pentest configurés, et on lance un « conteneur » à la demande.

La différence est concrète : une VM Kali pèse plusieurs dizaines de Go et mobilise en permanence de la RAM et du CPU. Un conteneur Exegol démarre en quelques secondes, ne consomme des ressources que quand vous l’utilisez, et surtout : si vous cassez tout, vous le détruisez et vous en relancez un neuf en une commande. Vos données de travail, elles, restent à l’abri dans un dossier séparé.

VM Kali classique monolithique & permanente OS complet simulé RAM + CPU réservés en continu Outils + vos fichiers mélangés ~ plusieurs dizaines de Go on casse → on réinstalle tout Exegol sur Docker léger & jetable conteneur démarre en s conteneur jetable conteneur recréé en 1 cmd conteneur à la demande Workspace partagé (persistant) vos scripts & rapports survivent à tout
Une VM Kali garde tout dans un seul gros bloc permanent ; Exegol sépare l’environnement (jetable) de votre travail (conservé dans le workspace).
QuestionRéponse courte
À quoi sert Exegol ?À lancer un environnement de pentest complet dans Docker, sans VM lourde.
Est-ce adapté aux débutants ?Oui, si Docker est correctement installé.
Remplace-t-il Kali Linux ?Pas toujours, mais il est souvent plus pratique pour apprendre et travailler proprement.
Le prérequis principalDocker fonctionnel, puis pipx pour installer Exegol.
Erreur fréquenteContinuer alors que docker run hello-world ne fonctionne pas (pas bien installé).

L’analogie que j’utilise avec mes étudiants : une VM, c’est louer un appartement meublé : vous y vivez, vous l’abîmez, vous faites le ménage. Un conteneur Exegol, c’est une chambre d’hôtel neuve à chaque fois : vous arrivez, tout est en place, vous repartez, on remet à zéro. Vos affaires personnelles (vos fichiers de mission) voyagent avec vous dans votre valise.

Les prérequis (et le piège classique)

Avant de vous lancer, il vous faut :

  • Docker installé et fonctionnel (c’est 90 % du travail).
  • Python 3 et son gestionnaire de paquets pipx, qui sert à installer le « wrapper » Exegol. C’est l’outil en ligne de commande qui pilote les conteneurs.
  • Git, utilisé par le wrapper pour récupérer du code source.
  • De l’espace disque : la documentation officielle recommande de prévoir ~ 200 Go au total (images, conteneurs et espaces de travail). L’image complète à elle seule pèse déjà plusieurs dizaines de gigaoctets.

Le piège que tout le monde rencontre sous Windows : Docker Desktop a besoin de la virtualisation matérielle. Si elle est désactivée dans le BIOS/UEFI, rien ne fonctionnera et vous aurez un message d’erreur cryptique au lancement. Vérifiez d’abord : ouvrez le Gestionnaire des tâches → onglet PerformanceProcesseur, et regardez la ligne « Virtualisation ». Si c’est « Désactivé », il faut l’activer dans le BIOS avant d’aller plus loin.

Installation pas à pas sous Windows

Étape 1 — Installer Docker Desktop

Téléchargez Docker Desktop depuis le site officiel et installez-le. Au premier lancement, il active automatiquement WSL 2 (le sous-système Linux de Windows) si ce n’est pas déjà fait. Redémarrez si on vous le demande, puis vérifiez que Docker fonctionne bien : l’icône baleine dans la barre des tâches doit être stable, pas clignotante.

Testez en ouvrant un terminal PowerShell :

# Doit afficher une version sans erreur
docker --version
docker run hello-world

Si hello-world vous répond avec un message de bienvenue, Docker est opérationnel. C’est le moment le plus important : tant que cette commande échoue, inutile de continuer avant de corriger le souci…

Étape 2 — Installer pipx puis Exegol

# Installer pipx (gestionnaire d'applications Python isolées)
python -m pip install --user pipx
python -m pipx ensurepath

# Fermer/rouvrir le terminal, puis installer le wrapper Exegol
pipx install exegol

Fermez et rouvrez votre terminal après ensurepath — sinon la commande exegol ne sera pas reconnue. C’est l’erreur la plus fréquente à cette étape.

Étape 3 — Télécharger une image et créer votre premier conteneur

# Lance l'installation interactive (choix de l'image)
exegol install

# Puis démarre un conteneur (il sera créé s'il n'existe pas)
exegol start mondemo

Au premier install, Exegol vous propose plusieurs images : full (tout, plusieurs dizaines de Go), nightly (la plus à jour), ou des versions allégées. Pour débuter, prenez l’image complète : vous aurez tous les outils sous la main sans vous poser de questions.

Installation sous Linux

Sous Linux, c’est plus direct car Docker y est natif. Sur une distribution basée sur Debian/Ubuntu :

# Installer Docker via le script officiel
curl -fsSL https://get.docker.com | sh

# Permettre à votre utilisateur d'utiliser Docker sans sudo
sudo usermod -aG docker $USER
# (déconnectez/reconnectez votre session pour appliquer)

# Installer pipx puis Exegol
sudo apt install -y git python3 pipx
pipx ensurepath
pipx install exegol

Attention sécurité : sous Linux, ajouter votre utilisateur au groupe docker est pratique, mais ce groupe donne des privilèges très élevés sur la machine. Sur un poste personnel de lab, c’est généralement acceptable. Sur un serveur partagé ou professionnel, il faut valider cette décision avec l’administrateur système. La documentation officielle d’Exegol recommande d’ailleurs plutôt de lancer Exegol avec sudo ; le groupe docker reste une commodité acceptable pour un poste de lab personnel.

Le point à ne pas oublier : l’ajout au groupe docker ne prend effet qu’après une reconnexion. Si exegol start vous renvoie une erreur de permission, c’est presque toujours ça.

Voici la vidéo Youtube que j’ai faite pour détailler l’installation :

PS: je vous propose d’utiliser les commandes de l’article en priorité, qui sont plus faciles à mettre à jour

Vidéo : Installer Exegol

Vos premiers pas dans un conteneur

Une fois votre conteneur lancé, vous vous retrouvez dans un shell où tout l’arsenal est déjà là : Nmap, Burp Suite, Metasploit, les wordlists, etc. Quelques commandes pour vous orienter :

# Lister vos conteneurs existants
exegol info

# Reprendre la main sur un conteneur déjà lancé
exegol exec mondemo bash

# Arrêter un conteneur (vos données restent sauvegardées)
exegol stop mondemo

# Supprimer un conteneur devenu inutile
exegol remove mondemo

Le réflexe à prendre tout de suite : Exegol monte automatiquement un dossier partagé entre votre PC et le conteneur (le workspace). Mettez-y vos scripts, vos rapports, vos captures : ils survivront à la destruction du conteneur. Tout ce que vous laissez ailleurs disparaîtra le jour où vous ferez exegol remove. C’est toute la philosophie de l’outil : l’environnement est jetable, votre travail ne l’est pas.

Exegol ou Kali Linux : lequel choisir quand on débute ?

CritèreKali Linux en VMExegol avec Docker
InstallationSimple à comprendre, mais plus lourdeDépend de Docker, mais plus reproductible
PerformancePlus gourmand en RAM/CPUPlus léger une fois Docker prêt
Remise à zéroSnapshot ou réinstallationSuppression/recréation du conteneur
Débutant completPlus visuelPlus propre, mais Docker peut bloquer au début
Usage pro/labTrès courantExcellent pour reproductibilité et environnements jetables

Les erreurs que je vois le plus souvent

SymptômeCause réelleSolution
« command not found: exegol »Terminal pas rouvert après ensurepathFermer et rouvrir le terminal
Erreur au démarrage du conteneur sous WindowsVirtualisation désactivée dans le BIOSActiver VT-x/AMD-V dans l’UEFI
« permission denied » sous LinuxUtilisateur pas dans le groupe dockerReconnexion de session après usermod
Téléchargement de l’image interminableImage full très lourde + connexion lenteChoisir une image plus légère pour débuter

Vous voulez aller plus loin que l’installation ?

La formation Cybersécurité & Pentest vous fait pratiquer dans des environnements cloud avec des exploitations de failles, rédaction de rapports et méthodologie. Le tout avec le support 🙂

Que faire après avoir installé Exegol ?

  • Créer un dossier de travail propre pour vos labs.
  • Tester quelques commandes réseau simples comme nmap sur une cible locale autorisée.
  • Documenter chaque test dans un fichier de notes.
  • Vous entraîner uniquement sur des CTF ou des environnements vulnérables légaux.
  • Construire progressivement un mini-portfolio avec vos rapports.

Quand Exegol n’est pas le meilleur choix

Exegol est très pratique, mais ce n’est pas toujours la meilleure option. Si vous débutez complètement avec Linux, une VM Kali peut parfois être plus visuelle pour comprendre l’environnement. Si vous travaillez dans une entreprise avec des règles strictes sur Docker, il faut aussi vérifier que l’usage de conteneurs et l’ajout au groupe Docker sont autorisés.

Sources et méthodologie

Ce guide a été rédigé pour des débutants en cybersécurité qui veulent installer Exegol sans connaissance préalable de Docker. Les commandes et recommandations doivent être vérifiées avec les documentations officielles d’Exegol, Docker, pipx et Microsoft WSL, car les procédures peuvent évoluer selon les versions de Windows, Linux et Docker Desktop.

Questions fréquentes

Exegol remplace-t-il Kali Linux ?

Exegol s’appuie en partie sur les mêmes outils que Kali, mais l’approche diffère : au lieu d’une machine virtuelle permanente, vous disposez de conteneurs jetables et reproductibles. Pour un usage pédagogique et professionnel, c’est souvent plus propre et plus rapide. Beaucoup de pentesters gardent néanmoins une VM Kali à côté pour certains cas spécifiques.

Faut-il connaître Docker pour utiliser Exegol ?

Non. Le wrapper Exegol masque toute la complexité de Docker derrière des commandes simples (start, stop, info). Vous pouvez démarrer sans rien connaître à Docker, et vous en apprendrez les bases naturellement à l’usage.

Exegol fonctionne-t-il sur un PC peu puissant ?

Oui, mieux qu’une VM classique justement, car un conteneur ne consomme des ressources que lorsqu’il tourne. Il vous faut surtout assez d’espace disque pour l’image. Sur une machine modeste, choisissez une image allégée plutôt que l’image complète.

Est-ce légal d’utiliser Exegol ?

L’outil est parfaitement légal : c’est un environnement de travail. Ce qui est encadré par la loi, c’est l’usage que vous en faites. Vous ne devez tester que des systèmes qui vous appartiennent ou pour lesquels vous avez une autorisation écrite. Pour vous entraîner légalement, utilisez des environnements prévus pour ça, comme les CTF ou des machines délibérément vulnérables.

Où m’entraîner une fois Exegol installé ?

Commencez par des cibles légales et progressives. Les CTF de Cyberini sont un bon point de départ pour pratiquer sans risque, et vous pouvez ensuite monter en difficulté avec des plateformes comme DVWA (à héberger vous-même) puis des labs en ligne dédiés.

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